SOUVENIRS
Persos
Résumé
Personnages
Souvenirs
Résumé
Trois enfants khmers grandissent dans un quartier populaire des années 90. Leurs parents, réfugiés du Cambodge, composent avec la guerre qu’ils ont fuie et la vie qu’ils reconstruisent ici. Entre l'école primaire, les immeubles HLM et les voisins hauts en couleur… récits d'une enfance à hauteur d’enfant, entre deux mondes, des souvenirs drôles, durs et tendres à la fois.
Personnages
chivon
Nom : Chivon (ឈីវន)
Signe :
chien
Passions : les loups et Jackie Chan

Chivon est la figure adorable de notre famille. Avec ses yeux pétillants et son sourire espiègle, il captive le cœur de tous ceux qu'il rencontre. Choyé par la famille et adoré de ses amis, il incarne la joie de vivre et la gentillesse.
mano
Nom : Mano (ម៉ាណូ)
Signe :
singe
Passions :
les livres, le dessin et Dieu

À l'école, je suis une élève réservée et souvent absorbée par mes pensées. Une fois à la maison, je me métamorphose en une enfant sauvage qui déborde d'émotions.
katouk
Nom : Katouk (កាទូក)
Signe
: chèvre
Passions :
elle-même

Katouk trouve beaucoup de plaisir à jouer avec le feu et aime manipuler les autres pour créer du tumulte autour d'elle. Cependant, elle apporte un soutien significatif à Mak en l'absence de Pok.
pok
Nom : Pok (ពុក)
Signe : singe
Passions : la mode, la moto et partir chercher du lait

Pok est souvent absent. Ses rares présences sont marquées par son tempérament explosif. Excentrique, il a souvent des idées farfelues et semble vivre dans son propre monde, éloigné de la réalité quotidienne de notre famille.
mak
Nom : Mak (ម៉ាក់)
Signe :
dragon
Passions :
la couture, le chant et la création de bijoux

Mak incarne une véritable figure de mère courage. Elle nous élève seule et fait face aux défis du quotidien avec beaucoup de résilience. Derrière sa douceur, se dissimule une tristesse profonde.
Souvenirs
2026 sera l'année de la confiance !
Pour ce nouvel interlude, l'aubergine a invité Hélène pour une petite interview des familles.
Je m’entraîne dur tous les jours pour avoir un jour autant de culot et d'audace que les pseudo-experts qui parlent toujours à notre place.
C’est la version que j’aurais aimé réciter devant ma classe ce jour-là. Avouez, on a tous voulu changer la fin d'une œuvre au moins une fois !
Mes orteils s’en souviennent encore !
C'est quoi le pire ? Se faire tromper, abandonner, voler... ou se faire entuber en boucle ?
Spoiler alert : il a reboudé.
Ici, on fait pas dans le petit paquet de 1 kg. Le riz, c’est la base de chaque repas, alors on achète toujours en très grande quantité.
Imagine t'as 6 piges, ton héro, c’est la police. Et l’antagoniste, c’est ton daron...
Ma mère avait un don pour raconter des histoires qui faisaient froid dans le dos. C’étaient souvent des contes khmers qu’elle tenait de son enfance.
Quand j’étais petite, j’aimais bien ramasser des châtaignes.
Avant, je radotais comme une mamie… maintenant, je fais des BD
Cette semaine, pas de gibbon en vue mais un petit porcelet tout mignon. Elle est venue nous réciter son poème préféré !
J’ai mis un temps fou à comprendre qu’elles en voulaient aussi… Alors j’ai partagé ce qu’il me restait : un pauvre quartier à chacune !
Mak n'a pas toujours été une bonne mère mais pour cette phrase qu’elle m’a dite ce jour‑là, elle mérite une couronne.
Dans les années 90, pas de streaming ! Pour voir un film à la télé, il fallait attendre au moins trois ans après sa sortie au cinéma et c’était dispo que sur quelques chaînes gratuites. Du coup, on se contentait du fameux " film du dimanche soir ". Pour nous, aller au ciné, ça restait un vrai luxe. Alors regarder un bon film à la télé, c'était la fiesta !
Vous savez ce qui est drôle avec les gros mots dans une langue étrangère Comme on ne comprend pas le sens tout de suite, on finit surtout par se marrer à cause de la sonorité. Chez moi, " petite pétasse " a fini par perdre toute sa dimension insultante. Comme on la répétait sans cesse en rigolant, c’est carrément devenu un running gag familial. Par contre, les gros mots khmers, c’est une autre histoire. Pour moi, ça sonne beaucoup plus violent.
Quand j’étais enfant, je rêvais d’être comme Sun Wukong. Déjà, ses pouvoirs magiques étaient incroyablement stylés, mais au-delà de ça, il incarnait tout ce que j’aimais : la malice, l’espièglerie, la liberté et la sagesse. Il m’a appris le courage face aux obstacles, la loyauté envers ceux qu’on aime, la résilience dans l’épreuve et l’audace d’être pleinement soi-même. J’ai toujours préféré admirer des personnages imaginaires comme lui, parce qu’avec eux, je savais que je ne serais jamais déçu.
Pok n'avait ni permis de conduire, ni permis de nous voir. Mais tout ça, il s’en foutait royalement !
Faire du bruit ou garder le silence. Face à l’injustice, on rejoue souvent les règles apprises de nos parents. Alors dis-moi, est-ce que tu règles les choses à ta façon… ou à la leur ?
Si t’es né en 92, t’es team singe comme moi !
Bizarrement, dès qu’il fallait réciter un poème à voix haute devant toute la classe, j’étais plus du tout timide. Au contraire, j’adorais ça !
J’aimais pas mentir, mais j’aimais encore moins désobéir à ma mère. Alors j’ai trouvé le bon compromis : j’ai déguisé la vérité.
J’ai appris à dessiner plus vite, plus réaliste… Mais est-ce que ça m’a rendue plus heureuse ? Pas vraiment. Au fond, ce que j’aime, c’est dessiner des trucs de bébé.
Pchum Ben, c'est une fête spirituelle pour les Cambodgiens. C’est un moment de mémoire et d’amour, où l’on honore nos ancêtres en leur offrant nourriture et prières. On les aide ainsi à trouver le chemin vers une meilleure réincarnation, avec plus de paix, de sagesse et de karma.

Mais quand j’étais petite, je ne comprenais pas tout ça. Encore moins les paroles de cette chanson qu’on chantait en yaourt. C’est en bossant sur cette BD que j’ai enfin compris le sens… et c’était vraiment inapproprié qu'en j'y repense.
Quand l'absence se prolonge, même un père peut devenir un inconnu. Et quand la maison n’est plus un lieu sûr, l’école peut devenir un refuge...
Avec la logique trop mignonne du petit garçon, on se retrouverait facilement avec 14 oncles, 23 tantes et 6 grands-mères au compteur !
Il fut un temps où j’ai fait partie d’une secte. C’était une drôle d'époque...
Quand ma mère devait s’absenter, c’était sur la plus âgée qu’elle comptait pour nous garder. Famille monoparentale oblige, elle gérait tout toute seule. Le boulot, la maison et les galères du quotidien… On devait être autonomes et responsables. En vrai, ça voulait dire : grandir plus vite que prévu et apprendre à se débrouiller tout seuls. Mais au fond, on restait des enfants.
Oui, il y a le rap, mais ça ne suffit pas à représenter toute la diversité des vécus de banlieue. Il y a mille façons d’être banlieusard. Et celle que j'exprime a autant sa place que les autres.

Depuis maintenant plusieurs semaines, je raconte mon enfance en image. Aujourd’hui, je laisse parler mon cœur le temps d’une interlude. Merci à celles et ceux qui lisent, qui partagent, qui soutiennent, même en silence. Grâce à vous, je commence à croire que ma voix, même petite, a sa place.
Le Cambodge a souvent changé de drapeau au fil de son histoire. Mais à chaque fois, on remet Angkor Wat au centre. Comme un cœur qu’on replace dans la poitrine du pays, comme un trésor qu’on a mis sur le drapeau pour ne jamais l’oublier.

Ce sont des pierres qui se tiennent là, immobiles depuis des siècles. Elles ont vu le lever de soleil des milliers de fois. Elles ont entendu les prières des rois, les chants des paysans, le silence des moines, les pleurs de ceux qui ont tout perdu. Elles ont vu tomber des empires, passer des guerres, brûler des livres… Mais elles sont toujours là. Et tant que ce temple restera debout, les Khmers se souviendront de qui ils sont.
Les années 90... cette époque bénie où tu pouvais tomber sur une pièce de 10 francs par le plus grand des hasards. Je trouvais ça très cool d'avoir un mini Tang Frères juste en bas de mon immeuble. C'était mon luxe à moi.
Choses à ne jamais faire aux escargots : 
- Les tirer ou les décoller de force;
- Les retourner sans raison;
- Leur mettre de l’eau salée;
- Et surtout... les emmener loin de leur habitat.

Pardon à tous les escargots que j’ai kidnappés ce jour-là !
Mak adorait donner des surnoms basés sur le physique. Quand j’étais petite, elle m’appelait " mi khmaw " (la noire). À l’époque, je ne me posais pas trop de questions… mais en grandissant, j’ai commencé à réfléchir sur ce que ça disait de notre culture.

Dans beaucoup de familles khmères, ces surnoms sont une manière simple d’exprimer son affection. Mais ça reflète aussi des préjugés que portent les parents sans même y penser. Ils parlent souvent sans filtre. Donc dire à un enfant qu’il est " noir ", " gros " ou " petit ", ce n’est pas forcément pour blesser. Par contre, pour un enfant qui grandit entre deux mondes, surtout dans un contexte plus occidental, ça peut laisser des traces.
J’ai développé le syndrome du sauveur quand mon petit frère est né. J'avais un besoin un peu irrationnel de vouloir le protéger, comme si j’étais la seule à pouvoir le sauver du moindre danger. À l’époque, je pensais que c’était mon rôle. Mais un jour… J'ai clairement failli à ma mission. Merci à ce garçon aux cheveux bouclés d'avoir accepté de m'aider !
En Asie, la peau blanche reste un idéal. Même en étant née en France, j’ai grandi avec le colorisme. Le plus dur, c’est que ça venait de chez moi. Mak, avec ses petites remarques et comparaisons, m’a appris à détester ma peau. Pourtant, je trouvais toutes les filles à la peau mate ou noire magnifiques. C'était juste moi...
Vous vous rappelez de la première personne qui vous a complimenté pour quelque chose que vous avez créé ? Et de celle qui vous a critiqué ?
En général, les parents asiatiques ont 0 filtre. Ils te balancent leur vérité en pleine gueule comme si de rien n'était. Balek de savoir comment tu vas gérer ta tempête émotionnelle après...


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